Escapade
Une évasion, une escapade, l'échappée belle de la petite Alice à travers le monde

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Une pause

Ceci pour annoncer que je fais une pause dans l'écriture de ce blog. Montréal n'est pas très passionnant et je reprendrai le site quand je ferai de nouveaux voyages !

À bientôt



Publié à 14:18, le dimanche 3 janvier 2010, dans Montreal, Canada, Saulieu
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Une nuit torride

     Ce blog manquait d'action depuis un certain temps. Plus d'équipée sauvage dans les steppes d'Asie centrale, plus de jeu de cache-cache avec le KGB ouzbeck et les flics chinois, plus de trains poussiéreux indiens, plus de marionnettes javanaises déchaînées !

Mais voilà : c'est moi, et moi, j'attire les aventures.
      La dernière a surgi à 1h40 du matin quand j'ai été réveillée par l'alarme incendie générale de l'immeuble. Je bondis du lit, j'ouvre la porte de l'appart pour voir ce qui se passe et... de la fumée grise, oppressante, entre massivement, déclenchant l'alarme incendie de mon appartement. Au même moment, tous les voisins ayant le même réflexe, toutes les alarmes se mettent à hurler... Le temps de frapper chez le voisin (un vieux russe), pour lui faire comprendre qu'il faut sortir, et vite, je cavalcade jusqu'aux escaliers, sors... Pour me retrouver, avec la 20aine d' occupants de l'immeuble, sur le trottoir.
      En attendant les pompiers, on regarde la fumée s'échapper de toutes les fenêtres, portes et aérations. Le concierge, hyper courageux, va chercher la personne habitant dans l'appart qui a pris feu, situé au premier étage (j'habite au second et dernier étage) : on le voit ressortir après plusieurs longues secondes, couvert de poussière, traînant la fille inanimée. Leurs poumons ont bien recraché de la fumée pendant 10mn.
     Les pompiers sont arrivés assez vite, sauf que, bon, forcément, ça fait long quand on regarde son immeuble brûler.
     Y'avait 4 énormes camions avec des échelles, plus des ambulances et trois camions plus petits ; au moins 50 pompiers. Ils sont intervenus avec la hache et le pied-de-biche pour ouvrir les portes, le ventilateur pour pousser la fumée, les masques à oxygène et, bien sûr, la lance à eau. Heureusement l'incendie a été vite maîtrisé...
     Mais que s'est-il donc passé ? La responsable, une jeune fille malentendante, s'est tout simplement endormie (avec des somnifères) alors qu'elle se faisait à manger. Elle n'a pas entendu son alarme ce qui a fait que le feu a pris, jusqu'à déclencher l'alarme générale, et réveiller -heureusement- tous les ocupants. De endormie elle est devenue intoxiquée, et serait maintenant carbonisée s'il n'y avait eu les alarmes et le concierge.
OUF !
     Le bilan ? J'ai passé 1h30 en petite culotte, débardeur et tongs en pleine nuit, dans une température négative que je n'ose évaluer. J'avais juste eu le réflexe de prendre avec moi... mon passeport ! Cela tient pas très chaud mais prouve au moins mon identité si mon appart avait brûlé !
     Mais fort heureusement, mon petit chez-moi est un des seuls qui n'a pas été endommagé. J'ai pu le réintégrer dans la nuit ; après avoir regardé partir pour un lieu d'accueil inconnu, dans des bus, ceux qui en pyjama n'avaient pas le droit de rentrer chez eux prendre des affaires... Il y avait aussi plusieurs personnes intoxiquées, tout de suite mises sur des civières, avec une aide respiratoire, et qui doivent être encore à l'hôpital.
     Pour ma part, une auscultation rapide par le pompier-médecin a permis d'établir que je n'avais pas de gros problèmes aux bronches, mais j'ai eu un "bon" pour aller à l'hôpital et me faire soigner en priorité.
     J'ai passé le reste de la nuit, pas écologiquement du tout, fenêtres ouvertes et chauffage à fond. L'odeur est très forte mais heureusement, dès ce matin, des travailleurs vidaient l'appart brûlé (et les apparts d'à côté). Ils consolidaient aussi la structure de l'immeuble. J'ai surtout mal aux oreilles, à cause des alarmes. Et j'aère à fond l'appartement, ainsi que les habits, draps, etc.
     Voilà, vous avez été servis en action !
 

La morale, c'est : mettez des alarmes chez-vous... et vive les pompiers !



Publié à 09:59, le vendredi 20 novembre 2009, dans Montreal, Canada, Montréal
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Aux pommes

Grâce à une copine, et à la copine de ma copine, et à sa maman (de la copine de ma copine), je suis allée cueillir des pommes dimanche dernier. Ce qui m'a permis de sortir un peu de la ville, yeah !

Direction Oka, un village des Laurentides, non loin du Saint Laurent, à l'ouest. Ce village se trouve non loin d'une réserve indienne, et oui !  La réserve de Kahnawake, avec de vrais indiens dedans (et même dehors, ils peuvent sortir !). C'est la communauté Kanesatake qui habite ici, c'est à dire des Mohawks, du groupe Iroqois. Pour l'anecdote, le mot Mohawk restera peut-être (hélas) comme celui désignant la crète de cheveux que certains punks s'amusent à se faire lors de leur crise d'adolescence.

Bon, pour ceux qui veulent en savoir plus sur cette réserve et sur les indiens, qui ont quand même tué leur dernière victime en 1990, suite à un conflit foncier (golf contre pins sacrés), il suffit d'aller voir sur Wikipedia anglais.

Mais revenons à nos pommes : aller en cueillir en automne, c'est une grande tradition pour les montréalais. Il y a donc plein de vergers autour de Montréal, qui proposent plusieurs "produits de la ferme", des compotes, des tartes, des confitures, mais aussi des... sacs plastiques. 12 dollars tout de même le sac ! Ce dernier, d'une contenance d'environ 10 litres, est utilisé par le citadin pour aller s'aventurer dans le verger, où il cueille avec bonheur des pommes qu'il ramènera ensuite. Bon, moi aussi j'avais mon sac, et j'ai cueilli des pommes, et j'en ai même volé un peu, dans mes poches et mon bonnet, ben oui quoi ! De toute façon les arbres étaient surchargés ;-)

Nous sommes reparties par Hudson, une ville sur le Saint Laurent tellement large à cet endroit-ci qu'il semble être un lac. Les maisons qui donnent sur le cours d'eau sont de vraies splendeurs architecturales, qui donnent envie d'attendre l'hiver, au chaud dans des rondins de bois. Nous avons travesé le St Laurent avec un ferry, et dans l'album photo vous avez une image de Hudson au départ. Voilà, un p'tit bout de Canada en dehors des villes, qui s'avère tout de suite plus agréable. Plein de nature, c'est beau comme le Morvan mais en plus grand !

 



Publié à 09:15, le vendredi 30 octobre 2009, dans Montreal, Canada, Montréal
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La télé-réalité et l'enfance au Canada. Synopsis d'une société américaine

Il y a quelque chose d'extraordinaire ici, c'est la télévision. Eh oui, je ne peux me lasser de m'énerver devant et il faut donc que je vous la décrive un peu.

Je dispose donc d'environ 60 chaînes, dont moins d'une vingtaine en anglais. Au choix : des séries par milliers, des talk-show commerciaux, et de la télé-réalité. Toutes les 10 minutes, il y a une coupure publicitaire, ce qui fait que très souvent, on voit défiler diverses publicités. Ces dernières, étrangement, se concentrent toujours sur les mêmes thèmes : la voiture à crédit, les bombes rafraîchissantes d'atmosphère (déodorisants automatiques, etc), et les machines à abdominaux en seulement trois paiements de 39 dollars.

Il y a aussi deux chaînes tournées sur "le monde", mais souvent à travers des jeux tels Koh-Lanta, ainsi que TV5, qui permet de suivre Questions pour un Champion et le Journal de France 2 délesté des nouvelles franco-françaises. À ce propos, on remarque vite ici que notre qualité d'information n'est pas si mauvaise que cela : les chaînes canadiennes ne parlent que du Canada, et les chaînes américaines parlent beaucoup de potins, avec des "magazines" sur le monde, souvent centrés autour d'un journaliste-aventurier-star.

Bref, il faut à tout prix vous parler des programmes hyper-nombreux de télé réalité.

En vrac : trois émissions de danse (best dance crew, avec des groupes ; un autre avec des stars oubliées...), quelques lofts, une superbe émission centrée sur Bret, un guitariste vieillissant issu d'un groupe de rock réputé, et qui "cherche l'amour", et "Tina Tequila, célèbre et... bi", qui suit une jeune femme ayant le même but. Sauf que Tina, "bombe" version asiatique, addict de la table chirurgicale, est bisexuelle, ce qu'elle apprend à 20 hommes hétéros et 20 femmes lesbiennes qui se battent donc pour déterminer, en gros, si Tina va préférer les hommes aux femmes, et en particulier, QUI sera l'heureu(x/se) élu(e). Je passe sur le "grand frère" où un grand Noir sorti de Harlem et de prison tente d'expliquer à des mômes complètements perdus qu'ils faut aimer dieu et leur mère et non la drogue et la haine, et j'oublie "VJ recherché" (prononcer vidji), sorte de Star Académie québécoise visant à trouver le nouveau super-animateur-star des années  à venir.

Mais surtout, surtout, il y a "Paris un jour, Paris toujours", avec Paris Hilton qui veut "trouver sa meilleure amie". Pour cela, sont organisées des compétitions où on doit déterminer "qui est la plus hypocrite", d'autres où le but est de viser au mieux  avec des boules puantes un portrait géant d'une participante exclue, parce qu'elle avait traité Paris de s********* (biiiiiiiiiiip, et oui on voit des choses très choquantes, mais toujours floutées et bipées... comme quoi ça n'enlève rien à la force des images !). Il y a aussi les cours de marche, pour que "ma meilleure amie ne me fasse pas honte devant les caméras" !. Paris a aussi mis toutes ces chères dévotes dans une fausse prison, pour qu'elles puissent subir ce qu'elle a vécu : "le plus dur, explique-t-elle, c'est de ne pas avoir son portable, et aussi de ne pas pouvoir se maquiller le matin". Elle prend alors grand plaisir à humilier les participantes. À la fin de chaque épisode, elle exclut une candidate, et en choisit une autre qui sera protégée la semaine à venir, et qu'elle désigne comme son "pet". Littéralement, son petit animal de compagnie...

Enfin, un petit mot sur "the big looser", où des personnes obèses se font maltraiter et ridiculiser par un groupe de "coachs" qui essaient de les faire maigrir, celui ou celle perdant le plus de poids gagnant célébrité et grosse somme d'argent. Ainsi donc, peu de leçons de diététiques dans ce programme à l'éthique douteuse, mais des cours de sport motivés par les cris hargneux de deux coachs sportifs aux physiques de Ken et de Barbie, et diverses épreuves sadiques. Ainsi, la semaine dernière, notre groupe de participants se voyait déposer sous les yeux et le nez des pâtisseries savoureuses, à peine sorties du four ; avec avidité la caméra filmait les yeux reluquant la tentation jusqu'à ce que l'un cède, honteux, et humilié par les coachs.

Hier, le groupe de participants était suspendu sur une plaque au-dessus d'une piscine, dans une tenue obscène, moulante, sur laquelle s'attardait la caméra. La plaque se penche de plus en plus, jusqu'à devenir verticale, et les personnes doivent ne pas tomber en se suspendant par les mains. La résistance n'est pas longue et les participants tombent dans l'eau au fur et à mesure, toujours filmés d'une manière comique, impudique, et sanctionnés par l'animatrice à coup de "Jane, tu es la première à être tombée, tu es trop lourde et ton moral n'est pas bon. Ton frigo va être verrouillé pendant une journée entière !...".

Bon, je vous laisse méditer là-dessus, et termine par ma consternation fasse au sujet de réflexion du Québec en ce moment : des psy de diverses sortes(dont un certain Richard Tremblay, très connu ici) certifient que si un enfant est trop passionné et aimant, à l'école, même en maternelle, cela signifie qu'il va être violent plus tard. Ils conseillent donc aux professeurs de les réprimer. Ainsi, ces grands chercheurs expliquent au gouvernement et à la télé qu'un môme de 2 ans qui prendrait trop souvent son copain par les bras ou manifesterait trop d'intérêt pour les pigeons de la cour d'école serait un futur criminel, et que les éducateurs doivent tout de suite le "réinsérer" dans la norme, et étouffer le plus tôt possible toute originalité. À méditer aussi... gloups.

Photo : escaliers extérieurs, pour accéder au premier et second étage (en fait le second étage, comme pour moi, on y accède d'abord par ces escaliers extérieurs puis par des escaliers intérieurs). Les escaliers sont en général très pentus. Dans la plupart des bâtiments des quartiers résidentiels, trois niveaux = trois appparts, d'ou une très faible densité même au plein coeur de la ville.

 



Publié à 07:21, le mercredi 7 octobre 2009, dans Montreal, Canada, Montréal
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Le froid arrive

Le rythme montréalais s'écoule assez rapidement.

Il y a d'abord de gros problèmes administratifs : plus le pays est développé, plus d'acteurs gèrent papiers et démarches, plus la moindre petite originalité devient quasi-impossible à régler. Pour ma part, un vrai casse-tête ! A croire que je suis la première post-doc à venir... Bilan : un mois et demi après mon arrivée, je n'ai toujours pas de bourse, et dois emprunter de l'argent aux amis ; je n'ai toujours pas de carte étudiante et suis donc privée de tous les droits étudiants ; les différentes cartes de sécu, d'assurance maladie, etc, arrivent au compte-goutte.

Bref, en dehors de cela, je me fais mon petit nid dans mon appartement-couloir. Il fait de plus en plus froid ! Le vent est parfois glacial, mais ce qui est bien c'est que cela n'empêche pas les gens de vivre. Ils ont trop l'habitude ce n'est que le début ! Tout le monde est sur son vélo, pluie ou vent, courageusement, ou marche précipitamment avec sa petite tasse en plastique de café dans la main.

Montréal étant une ville très verte (les rues sont très larges et des arbres sont plantés des deux côtés), et les couleurs deviennent magnifiques. Par contre, les routes sont dé-fon-cées, à cause du gel en hiver. Elles sont rayées par de grandes fissures, et parsemées de profonds nids-de-poule ! Je suis bien heureuse d'avoir un vélo cross.

Je commence à prendre mes marques et à repérer les endroits qui me séduisent le plus. Ainsi la Sainte Catherine est la hight street commerçante où je ne mets les pieds que quand je veux voir beaucoup, beaucoup de gens en frénésie dépensière. Le village est le quartier homosexuel où l'on rencontre une vraie ambiance communautaire. La rue Mont Royal est fort sympathique, un peu bobo, un peu chère, mais avec de beaux magasins de déco ou de macarons. La rue St Denis est occupée par une multitude de petits restaurants, genre restauration rapide. Le dimanche je m'aventure au marché Jean-Talon, pas extraordinaire mais qui a le mérite d'exister (les marchés hebdomadaires n'existent pas à Montréal). Et le campus s'étale sur trois stations de métro, résidentiel. Souvent, des îlots de grandes maisons bourgeoises, avec leur carré de pelouse, comme un bout de campagne anglaise au milieu des immeubles gris. Et enfin, le vieux port et le canal Lachine, les longs des deux je fais de grandes promenades en vélo, entre usines désaffectées et autoroutes, mais aussi canards et joncs sauvages.

Vue du quartier des affaires, celui avec des immeubles hauts et 'peu' d'arbres. Au fond, le Saint Laurent.

 

 



Publié à 01:06, le samedi 3 octobre 2009, dans Montreal, Canada, Montréal
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Description, premier jet

Alors ça ressemble à quoi Montréal?
À une banlieue américaine. Avec une succession de quartiers résidentiels, un quartier des affaires, et une ou deux rues à thème. Autrement dit, soit on vit dans un espace propret avec des immeubles de  deux étages au plus, un petit jardin, et un parc pas loin ; soit on travaille dans des tours grises où tout le monde évolue avec un café dans une main, un téléphone de l'autre ; soit on "magazine" entre les diverses enseignes mondialisées.
J'habite sur le "Plateau-Mont Royal", quartier le plus populaire et dynamique du centre. Sauf que comme tout est fait pour les voitures et localisé, je dois marcher 20 mn au Sud ou au Nord pour trouver les premiers supermarchés, et 20 mn à l'Ouest pour trouver la rue des restaurants et des bars. Et à l'Est, tout proche, le parc Lafontaine, avec ses "étangs" tapissés de petits galets proprets aussi cleans qu'une piscine.
Bon, d'un côté, c'est vert et y'a de l'espace. Mais de l'autre, la ville manque de charme et on a vaguement l'impression d'illustrer la vie des Sims, ce jeu vidéo où il faut construire une ville "idéale" à des petits humains uniformisés. Je ne trouve ici que peu de cachet, et aucune musique citadine. C'est pas comme les villes de l'ex-URSS c'est sûr, mais les coins « humanisés » sont tellement pensés que ça fait peur que rien ni soit laissé au hasard et à l'erreur.
Point ici de culture "dans la rue" : l'histoire est récente et les trésors architecturaux ont tout au plus un siècle ; la ville a donc toujours été pensée sous l'image rectangulaire et pratique d'avenues rectilignes délimitant des blocs. Peu de mixité visible : pays de l'accueil, le Canada a un sens restreint de cette idée d'accueil, et les immigrés d'ici possèdent souvent un niveau socio-culturel supérieur aux Canadiens de souche. Ils cherchent aussi à s'intégrer à cette société Nord américaine, en récitant le serment de citoyenneté proclamant que « je jure fidelité et sincère allégeance à sa Majesté la Reine Elysabeth Deux, Reine du Canada , à ses héritiers et successeurs » (très moderne !), et en chantant l'hymne « O Canada ! Terre des aïeux (ceux massacrés dans leurs tipis ou ceux qui les ont massacrés ?) Ton front est ceint de fleurons glorieux ! Car ton bras sait porter l'épée, il sait porter la croix! »(sans commentaire). Chaque étranger essaie de gommer les différences visibles : beaucoup de flics, peu de blacks, et des latinos nombreux mais d'une discrétion anormale. Ici donc, peu de magasins et produits "ethniques", juste quelques rares restaurants spécialisés.
Ce qu'il y a de surprenant aussi, c'est que Montréal est une ville confidentielle. Il faut connaître pour trouver la rue commerçante, sans quoi on peut tourner longtemps avant de rencontrer le premier supermarché ; ou encore les coins "sympas", ou même les stations de métro dissimulées dans de grands centres commerciaux et qui ne sont qu'à peine indiquées discrètement. Les premiers temps sont donc parfois un peu difficiles et pas vraiment pratiques : mais une fois que l'on connait ces codes, on se sent comme tout intégré dans un monde de connaissances feutré, cotonneux, on fait partie du "grand secret".

Bon le prochain coup promis je vous décris les côtés sympas de Montréal, comme euh... ben le fleuve Saint Laurent qui coule, les promenades à vélo, et eux... je cherche pour le prochain article !

 



Publié à 18:46, le jeudi 24 septembre 2009, dans Montreal, Canada, Montréal
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Oyez, Oyez !

Braves gens, je vous annonce très prochainement, pour la centaine de petits curieux qui venez voir mon blog depuis qu'il est censé être fermé, que je vais reprendre mes activités informatiques.

Le thème : Montréal, Canada

Sa vie plate, propre, riche et prospère, mais aussi mes petites aventures à la fac où il ne se passe pas grand chose, mes incertitudes foucaldiennes, et les écureuils qui folâtrent dans les érables en buvant du sirop...

A très bientôt alors, le temps de trouver un apareil photo pour illustrer mes racontars (ben oui, mon arrivée fut ponctuée par un accueil chaleureux sous la forme d'un vol, dans ma chambre d'hôtel, de mon appareil photo, entre autres...)



Publié à 19:04, le mercredi 16 septembre 2009, dans Montreal, Canada, Montréal
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J+1

Il y a toujours un moment où il faut rentrer, poser le sac, changer d'habits (je n'avais que deux pantalons, le gris et le gris, trois hauts....), prendre des douches chaudes, savoir où l'on dort le soir même : dans un lit douillet, goûter à la bonne nourriture de Maman, regarder tourner la magique machine à laver...

Me voici donc de retour, dans mon Morvan natal toujours aussi humide. Les escargots fleurissent dans l'herbe verte et mon érable a grandi ; il y a un nouveau loir dans la cabane. Papi, Mamie et Misti m'attendaient avec Papa, Maman et Sylvie.

A très bientôt tous et toutes, avant mon départ au Canada !



Publié à 08:58, le lundi 20 juillet 2009, Saulieu
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Istanbul, retour en Europe

Istanbul, c'est une ville de rencontre. Rencontre entre Europe et Asie, avec des mosquées partout, un beau tramway, plein de magasins, d'hôtels, et des touristes dans tous les sens. Une ville métisse, pleine de charme, où il suffit de sortir du quartier touristique pour apercevoir les restes de la vie de Constantinople. Ici, se mêlent femmes voilees et Mac Donald, mini-jupes et barbes longues... comme en Algérie finalement.

Pour moi, Istanbul restera comme le retour en Europe, avec sa saturation d'informations légères et de publicités, ses prix prohibitifs et une mentalité pas si souple que ça. Cela sent la fin du voyage...



Publié à 18:51, le vendredi 17 juillet 2009, dans Istanbul, Istanbul
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L'infinie liberté

Je sais que j'ai disparu quelques temps, mais que voulez-vous... Je suis retournée, pour la troisième fois, dans les montagnes au nord du lac Issik-Kol. J'ai vécu 4-5 jours avec MON cheval, et avec une famille de nomades. Avec les réveils matinaux, les soins aux moutons, la course pour attraper les poulains et traire les mamans juments, les triples galops pour ramener les troupeaux de vaches, les chasses fructueuses ou non, et un autre Ulak. Le bonheur, quoi. Je suis descendue de ces montagnes avant-hier, sous un énorme orage de grêle (il neigeait là-haut), mais en chantant. Et persuadée que je vais revenir au Kirghistan, car oui, j'ai fini ce voyage par le meilleur ! Un pays presque sans villes, composé à 94% de montagnes, avec une seule route goudronnée. Un pays sans propriété privée, où la terre se partage sans limites. Un pays où les sourires sont légions et les fous-rires, même en kirghiz, nombreux. Où les marmottes courent de partout, où les aigles volent en sifflant, où les prairies sont noyées sous les edelweiss et fleurs diverses. Vous n'avez pas fini d'entendre parler du Kirghistan !

(sur la photo : Ulak, avec en premier plan les poulains et les juments pour le lait, puis les cavaliers, puis le lac et dans les nuages, les montagnes)

Bon, je rentre très, très bientôt. En gros dans une semaine je vais commencer de faire le tour des amis ! Mais pour ceux qui veulent encore jouer, vous pouvez encore tenter le coup : dans quelle ville mythique vais-je achever ce tour du monde ? (euh.... enfin, avant Paris!).



Publié à 14:19, le samedi 11 juillet 2009, dans Khirghizstan, Kirghizistan
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Ulak

 

Que ceux qui ont lu "Les cavaliers" de Kessel sachent que ce monde existe encore !

 

Après un passage par Karakol, à l'Est, je suis retournée dans mes montagnes, au nord du lac Issik-Kol, pas très loin de la frontière du Kazakstan. Me voici amoureuse de cet endroit, et des semi-nomades qui y habitent... dans des yourtes ou de petites maisons très, très simples, composées d'une seule pièce de terre, avec un "réchaud" pour la cuisine et des matelas dans un coin pour la nuit. Rien d'autre, et la vue sur l'enclos à moutons, qui passent ainsi la nuit en sécurité, à l'abri des loups et des ours. Il y a trois chiens qui montent la garde, un agneau abandonné qui se prend pour un humain, des veaux et leurs mères et plusieurs centaines de chevaux sauvages ou presque...

 

Voici le déroulement de la journée : lever à 6h, et on compte les moutons (plus difficile qu'il n'y paraît), on rassemble les chevaux qui seront utilisés aujourd'hui (qui courent en liberté, ce qui fait du sport car il faut courir après !), on trait les vaches. Les moutons qui sont malades sont soignés (euh... j'ai assisté à quelques scènes assez... beurk!). Puis après un petit-déj de viande, on prend les chevaux pour rassembler les autres troupeaux, compter le cheptel, réparer les enclos... On déjeune de viande et on repart à cheval ; il y a beaucoup à faire et ici, point de clôture : on a retrouvé un veau égaré à plusieurs dizaines de kilomètres de la "ferme" ! La fin de journée se déroule avec la gestion du troupeau (encore) et avec la chasse à la marmotte, au lapin ou, en été, au bouquetin. Il est alors temps de manger de la viande et d'aller se coucher, tout habillé, après un rapide "nettoyage" dans la rivière qui descend tout droit du glacier. Brrr...

Mais j'ai eu la chance d'assister au premier Ulak de l'année, organisé en mon honneur. La journée a commencé avec la décapitation d'une chèvre, dont les pattes sont ensuite coupées en dessous du jarret et des genoux. Ce sera la "balle" du jeu : ce dernier consiste en un espèce de rugby à cheval, où deux équipes s'affrontent. Le but est d'amener l'Ulak (la carcasse) dans le camp adverse, sachant que tous les coups sont permis et qu'il n'y a pas de limite de terrain. C'est donc assez barbare... et fantastique. J'ai suivi le jeu à cheval et admiré ces cavaliers extraordinaires, qui ramassent l'Ulak de trente kilos au triple galop, se battent comme des diables, fouettent leurs chevaux et hurlent des encouragements terribles. Un jeu de barbares ! Qui s'est terminé par un accident (un coude démis, remis en place d'une manière aussi brutale que le jeu...) et par le repas... ben oui on a mangé l'Ulak !

Ulak



Publié à 15:13, le lundi 29 juin 2009, dans Khirghizstan, Bichkek
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A cheval dans les steppes

Me voici à l'Est, pas très loin de la frontière chinoise... dans les montagnes du Kirghizstan. C'est quoi le Kirghizstan ? Une ancienne république soviétique, comme Bishkek, la capitale, le rappelle bien avec ses monuments communistes monumentaux et hideux. Mais aussi des montagnes, beaucoup, des lacs immenses, et des prairires comme en Mongolie. Avec des chevaux et des yourtes au milieu. C'est pour vous dire si je suis heureuse !
J'ai profité de l'arrivée des beaux jours pour suivre des nomades qui déplaçaient leur yourte dans la prairie d'été: c'était comme dans un rêve. Des heures à cheval ; la structure de la yourte à monter, au milieu de troupeaux de chevaux sauvages, de moutons et de vaches. La yourte est accueillante la nuit, quand il fait froid ; on y dort à même le sol dans un espace rond de 15 m2. La "cuisine" est à l'extérieur, c'est une sorte de réchaud où l'on fait un feu, avec une cheminée... On cuisine donc en plein air, c'est presque surréaliste. L'eau, c'est dans la rivière, à côté, et c'est aussi là qu'on se "lave" (mais c'est trèèèèès froid). Et les toilettes ? et bien un peu partout, mais comme y'a des cowboys parfois en haut des montagnes c'est aussi dans un petit abri, éloigné...
Voilà, il y a de la neige à côté et le lac Issik-Kol en-dessous, avec les 5000 mètres de la chaîne de montagnes du Pamir qui se reflètent dedans.

 


J'ai passé ce week-end à cheval, à rassembler des troupeaux, à faire la course avec des Kirghiz déchaînés, à soigner la patte d'un mouton maladroit et ... à préparer la marmotte qu'un cowboy a tué d'un coup de fusil, du premier coup, en pleine tête, quand on se demandait ce qu'on allait manger ce soir.
Bref, le bonheur !
 



Publié à 10:27, le mardi 23 juin 2009, dans Khirghizstan, Bichkek
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Et c'est reparti !

Bon, c'est vrai que cette histoire d'appareil photo m'a quelque peu attristée, mais je viens de m'en racheter un autre donc l'aventure continue !

Je suis toujours à Samarcande, à observer les destructions de vies et de l'histoire, et les constructions de murs. Affligeant. La dernière blague, c'est lorsqu'un Emir d'Arabie Saoudite est venu visiter le Registan. Les militaires ont amené plein de paons aux alentours le matin de son arrivée, pour "faire beau". Cela a été un véritable massacre : plein de paons écrasés !

Ce qui est bien avec le gouvernement d'ici, c'est qu'il est tellement stupide que chaque jour apporte matière à rigoler... noir (ou jaune).

A bientôt depuis de nouvelles destinations.



Publié à 09:53, le lundi 15 juin 2009, dans Uzbekistan, Samarcande
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Adieu témoins du voyage...

Chers amis... à force de jouer avec le feu, en prenant des photos des destructions de Samarcande qui s'accélèrent, et en le baladant partout, voici que mon appareil photo a disparu le plus mystérieusement du monde. KGB selon tous les ouzbecks de l'hôtel, vol subtile selon moi, dans un restaurant. Gros coup au moral, donc (toutes mes photos d'Ouzbékistan étaient dessus, ainsi qu'une documentation affutée sur l'histoire du mur), et plus de photos sur le blog...

 

PS  Bon, mettons un peu de joie et relançons le jeu du... 1500ème !


Des nouvelles du mur...Il est haut de plus de 6 mètres. Des maisons sont rasées ou coupées en deux. La plupart des ouvriers sont des prisonniers politiques. Hier une mosquée du 17ème siècle a été détruite pour créer un parking à bus. Des portes de maisons ont été semi-condamnées : le président veut une "unité "dans l'architecture et impose donc ses couleurs de fenêtres, ainsi qu'un marbre immonde en bas des immeubles. Pour rentrer chez eux, les habitants doivent passer par les fenêtres... Absurde ?



Publié à 19:44, le mardi 9 juin 2009, dans Uzbekistan, Samarcande
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Entre splendeur et désastre

 

Alors d'abord les splendeurs... C'est des mosquées parfois datées du 12ème siècle, c'est des gens souriants, c'est un art de vivre délicieux, des mosaïques plein les yeux, des steppes infinies et des villes traversées par Marco Polo. Mais je ne vais m'attarder que pour vous dire que je suis à Khiva, car j'ai envie, très envie, de vous raconter une histoire triste.

Cette histoire triste est celle de l'Ouzbékistan aujourd'hui, avec un "président" dictateur, cinglé et vieillissant. Ce dernier agit comme il se doit : pas de liberté, autoritarisme, collaboration avec les US de Bush qui a toutefois limité ses fréquentations avec le tyran quand ce dernier a fait tirer les militaires sur une manifestation pacifique contre les arrestations arbitraires, à Andijon, faisant de 1000 (nombre de tombes dans le cimetière) à 1500 morts (nombre évalué de corps récupérés par la milicia, et enterrés dans des charniers non loin). Enfin bon, les bases militaires stratégiques américaines et les prisons secrètes sont toujours là, un peu plus au Sud.

Mais ce n'est pas de tout cela dont je veux vous parler. Non, c'est de Samarcande et du quartier où était mon hôtel, près de Gur Amir, une splendide mosquée. Ce quartier date du 16ème siècle et est quasi identique à ce qu'il était alors, avec heureusement des améliorations sanitaires. Mais Monsieur le Président-tortionnaire- à- vie a décidé que si les mosquées et mausoléums étaient des éléments majeurs pour le tourisme parce que beaux et anciens, il a jugé que le quartier historique, lui, doit être détruit, parce que laid et ancien. Cela sans aucune concertation avec les habitants, bien sûr.
C'est ainsi qu' un matin, les militaires sont venus, amenant plein de matériaux, et que des ouvriers se sont mis à travailler le long du quartier. Surpris, les habitants sont allés demander ce qui se passait, mais ils n'ont eu pour réponse qu'un crachat militaire, étant donné que les ouvriers sont des prisonniers politiques et qu'ils n'ont pas le droit de parler. Très vite, on (j'étais là, cette histoire a commencé le jour de mon arrivée... et de mon anniversaire), on a compris qu' un mur allait être construit. Un mur ? Pourquoi faire ? Il  passe parfois tellement près de certaines maisons que les habitants doivent traverser ces maisons au lieu de les contourner ! Il coupe en deux des habitations dont les habitants sont expulsés sans préavis !  Personne ne sait où il va s'arrêter ! Un mur qui grandit la nuit comme le jour et sur lequel veille la milicia, la police secrète en civil ...
Les gens du coin n'ont pas mis longtemps à comprendre ce qui se passait : cela est arrivé juste à côté en 1996. Le mur est construit pour que les touristes ne voient pas ce qui se passe à l'intérieur. Les gens, enfermés dans des quartiers avec une seule issue, doivent faire des détours impossibles, parfois en traversant des maisons, pour aller là où avant ils marchaient un mètre. Et un jour les militaires arrivent et détruisent les maisons au bulldozer. Après, les habitants "relogés" dans d'immondes édifices en bordure de la ville, les militaires rasent tout, plantent des arbres, construisent des fontaines kitchs, créent un parc et disent que c'est bien pour les touristes, plus beau que les petites rues pavées d'avant. Et pourtant !
Il y a trop de parcs dans les villes ouzbecks, et il y est de plus en plus difficile de rencontrer les gens rejetés par leur propre gouvernement. Tout cela après que le Président ait décidé qu'un mur ou qu'une sculpture immonde c'est plus beau que des quartiers jugés "trop vieux". Le dictateur fait tout pour que les touristes aillent d'un site à l'autre sans jamais rencontrer un local ! Du coup, ça donne des avenues et des parcs immenses, et vides, absolument déprimants, avec juste quelques flics au milieu. Un désastre pour l'atmosphère et la vie locale, des centaines de tragédies individuelles, une muséification des villes, et une impression d'ambiance post-soviétique que tout le monde, y compris les touristes, regrette.

Je conclurai en vous racontant l'historie de ce vieil homme qui, tous les jours depuis des années, s'assoit devant sa maison et regarde Gur Amir, la mosquée, le Mausoleum, les touristes passer, les écoliers, etc. Il a son chapeau traditionnel, s'habille avec une jolie chemise locale blanche, et son visage ridé ressemble à un parchemin où l'on distingue à peine ses yeux. Il s'appuie sur sa canne et regarde passer la vie. Alors peut-être que la construction du mur a été, pour lui, intéressante et distractive dans un premier temps. Mais mardi matin, le mur mesurait déjà plus d'1,5 m de haut. Le vieil homme ne pouvait plus voir la vue, il ne pouvait plus sentir le soleil. Devant lui, du ciment et à peine de quoi laisser le passage pour les habitants du coin.

Et le vieil homme pleurait, pleurait, pleurait, toute la journée, jusqu'à ce que sa famille le fasse rentrer, boire et manger pour qu'il récupère des forces. Voilà comment, autant que l'atmosphère et l'esthétisme d'une ville, c'est plein d'histoires de vies et de mémoire des lieux que le gouvernement détruit.

Le même jour, un attentat tuait plusieurs personnes dans la vallée de Fergana, où j'allais me rendre.

 

 



Publié à 12:04, le jeudi 28 mai 2009, dans Uzbekistan, Khiva
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Samarcande, Ouzbékistan

J’ai survolé le Kashmire, puis l’Afghanistan. Quand on “entre” dans les frontières de ce dernier, le pilote avertit que “nous entrons dans une zone de turbulences, merci d’accrocher vos ceintures” ! Vu du ciel, l’Afghanistan semble être un désert abandonné, où l’on ne distingue aucune infrastructure : pas une ville, pas une route… Il y a des montagnes superbes, coiffées de neige : l’Himalaya meurt ici. Et entre elles, des vallées que l’on devine emplies de fleurs et d’arbres, et de champs de cannabis, et où sans doute vit cette population invisible. Un moment, le pilote nous montre Kaboul… un village, avec des parties totalement rasées.

Puis j’ai survolé l’Ouzbékistan. De rien du tout, je suis passée à des milliers de champs rectangulaires à l'intérieur de grands rectangles matérialisés par des canaux qui dispensent l’eau. Rien de naturel, pas un arbre ; des villes carrées et symétriques. A se demander si les oiseaux ici ont aussi les ailes carrées (mais y a-t-il des oiseaux quand il n’y a pas d’arbre ?)

Puis soudain, Tashkent. Une capitale verdoyante, moderne. C’est là que j’ai passé mes premiers jours, et oui : le pays-devinette était bien en “an” mais un peu plus au Nord que les prédictions !

Tashkent donc, est une ville avec des avenues immenses et de rares piétons, des roses partout et des cerises dans les arbres, des fraises des bois dans les pelouses, des femmes en tenues légères qui portent toutes des talons hauts. Pas vraiment l’image que j’attendais sur certains points ! Ville agréable mais où on doit s’ennuyer, et où les gens compensent le vide entre les grandes avenues et les bâtiments dimensionnés pour une hospitalité démesurée : première heure, on me fait un thé avec des sucreries et des fruits, deuxième heure j’ai droit à la vodka cul-sec et à un repas fantastique, troisième heure je m’écroule de fatigue dans un lit douillet sous le regard scrutateur de Lénine…

Puis le matin de mon anniversaire, ce dimanche, je me lève à 5 heures et pars prendre le train. Un train russe, c’est quelque chose ! De la moquette, des boissons, du thé,  le tout en deuxième classe. Et me voici dans la ville dont j’ai tant rêvé, celle qui inspira tant de personnes, d”Alexandre le Grand aux plus grands poètes. Le Registan, c’est magique. Dans cette nature généreuse, entre ces gens formidables qui sourient tout le temps et dont les yeux brillent de plaisir, surgit une explosion énorme et majestueuse de mosaïques et de détails compliqués, dans une harmonie parfaite de bleus, de turquoises et de verts. Un Bonheur  pour les yeux à déguster lentement, où l’on rêve des chameaux qui venaient se reposer entre ces trois grandes mosquées. Et puis, la ville est garnie d’autres bâtiments du même style, colorés et aériens, et j’ai trouvé une chambre dans une famille, tout près du Registan. Ainsi je ne croise que sourires et quand j’ouvre les yeux, je vois un jardin digne de ceux décrits par Kessel (mais en Afghanistan) : tomates, bougainvillées, pêchers, cerisiers,  figuiers, roses, orangers, coquelicots, et papillons.

Bon, c’est pas tout mais après plusieurs mois à être végétarienne, je vais aller goûter de la viande de mouton du Palmir !  Je vous laisse rêver de cette ville mythique et vous embrasse tous en ce jour sacré.



Publié à 02:47, le dimanche 24 mai 2009, dans Uzbekistan, Samarcande
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Un peu de musique pour vous faire patienter

Personne il joue à mon jeu ? Triste

Un petit poème d'exilé, parce que tout le monde me demande : quand reviens-tu ? Quand reverrais-je ton petit visage ?

  

Il faut cliquer sur la flèche "play" et ouvrir vos hauts-parleurs pour entendre quelque chose !

 

 



Publié à 01:48, le jeudi 21 mai 2009, dans Rajasthan, India,
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Jaisalmer

Me voici encore sur la Grande route de la Soie, ou plutôt à l'un des noeuds principaux, qui reliait auparavant les diverses routes menant de l'Asie à l'Europe : Jaisalmer. Cette splendide ville se trouve au milieu du désert de Thar, position stratégique car à l'intersection des routes de l'Inde, de l'Hymalaya, et de celles en direction du Pakistan ou d'Istanbul. Et position stratégique aujourd'hui, car base militaire importante dans le cadre des tensions Pakistano-indiennes !

Jaisalmer est donc une ville de sable, entre château rêvé et ambiance médiévale. La ville est construite dans des fortifications intactes, et il y a un Fort à l'intérieur, où vit 25% de la population. On s'y sent relativement au frais (les 45 degrés sont dépassés à 8h du matin) et vraiment dans un autre monde, d'autant que l'absence de touristes rend à la ville un visage humain. J'ai même trouvé quelques personnes à qui parler et qui n'insistent pas trop pour vendre quelque chose ! Pourtant, ici, le grand truc, c'est les safaris à dos de chameau. La plupart des touristes viennent ici pour cavaler un ou plusieurs jours à dos de bestiole à bosse, revenir brûlés par le soleil et ensablés, et souvent écoeurés par le pas ample des animaux, mais heureux comme tout. Et puis, ils réalisent le rêve de dormir dans les dunes, sous des milliers d'étoiles !

Pour ma part, cette expérience je ne la connais que trop, vécue mainte fois dans les camps de réfugiés. D'ailleurs, le désert ici n'est pas très beau, il faut prendre une jeep pour aller apercevoir les premières dunes, parsemées ! Mais Jaisalmer a su tirer profit de son emplacement pour survivre jusqu'à aujourd'hui.

Sauf que... les étrangers veulent, pour la plupart, dormir dans le Fort. Or, ce dernier souffre énormément de l'eau dépensée à l'excès dans les hôtels, et déjà deux des 99 bastions qui encerclent le Fort se sont écroulés. Du coup, le gouvernement veut vider totalement le Fort de ses habitants et faire payer (cher) l'entrée d'un site devenu vide et mort ! Le tourisme a souvent du mal à respecter une éthique qui ne détruise pas ce qui le motive...

Je vis dans une famille formidable, dont la guest house se nomme Swastika : et oui, cette croix connue chez nous sous un sens complètement détourné dans sa forme (la vraie swastika tourne dans le sens des aiguilles d'une montre) et symboliquement (c'est ici un signe de tolérance). Et le soir, comme il fait très chaud, je dors sur le toit avec la famille, et je m'endors avec une vue sur le Fort et des milliers de chauve-souris qui volettent de partout, comme des cerfs-volants... C'est mon safari quotidien !


NOUVEAU GRAND JEU DU BLOG D'ALICE

... avec, comme d'hab', une récompense à celui ou celle qui trouvera  :

Mais où  Alice va-t-elle donc passer son anniversaire ?

N'hésitez pas à communiquer vos propositions de destinations dans vos commentaires !

Note : Grand jeu ouvert à tous sauf à ceux qui connaissent déjà la réponse, sinon c'est pas juste !

Rappel : Vous pouvez d'ores et déjà envoyer vos cadeaux au 9 rue Sallier, 21210 SAULIEU, merci !

 



Publié à 04:20, le vendredi 15 mai 2009, dans Rajasthan, India, Jaisalmer
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L'art de Ranakpur et le bleu de Jodhpur

Il est vrai que je ne vous ai pas écrit depuis un petit bout de temps, mais que voulez-vous : être projetée au Canada comme ça, pour travailler, alors qu'on se balade innocemment à l'autre bout du monde, ça fait un choc ! J'étais à Udaipur, à profiter de ma chambre magnifique, de ma cantine où on cuisine des spaghettis aux épices (massalas), de mon quai où je regardais passer chaque soir des milliers de chauves-souris. Et puis je me perdais aussi dans les bizarres bazars, succession poussiéreuse de petits magasins qui vendent de tout ou presque : marmites, bijoux en argent, cerfs-volants, épices, petits gâteaux, saris chatoyants...

Me voici maintenant à Jodhpur. Ah ! les couleurs de Jodhpur ! Les villes indiennes sont souvent bleues, mais Jodhpur remporte le concours. Ici, tout est pastel et turquoise, avec diverses teintes entre mer et ciel, et c'est très beau. Et très chaud (on dépasse les 45degrés maintenant). Mais il y a beaucoup de "hassle", c'est à dire que tout le monde te saute dessus pour essayer de t'arnaquer : que ce soit les propriétaires des hôtels, les gamins habitués à quémander "one pen one sweet one rupiiiiie", les femmes qui veulent te faire un henné ou se faire prendre en photo, les religieux qui veulent te donner une tika (signe rouge sur le front), les jeunes hommes qui racontent des histoires variées pour t'emmener dans un magasin, etc. Tous veulent de l'argent et parfois, on a juste envie de rester enfermé dans sa chambre ! Dommage, ça gâche un peu le voyage.

Pour les amateurs, je suis passée sur la route par un temple Jain, à Ranakpur : je n'ai pas pris de photos mais je pense que vous pouvez en trouver facilement sur internet. C'est absolument magnifique, un temple tout de marbre, lumineux, aéré, reposant, finement sculpté. 1440 piliers, tous différents... dont un n'est pas droit car "seul dieu est parfait" !




Publié à 09:59, le dimanche 10 mai 2009, dans Rajasthan, India, Jodhpur
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De merveilleuses merveilles

1 / Purification, stupides vaches sacrées et James Bond

Pushkar, ville sacrée, dans une oasis autour d'un lac, au milieu du désert. Ville reposante après l'infernale Jaïpur, calme et ouverte aux touristes, donc relativement peu agressive. On y trouve des restaurants ouverts avant 10 heures (génial pour le breakfast!), des magasins de vêtements bariolés, et plein de pèlerins. Car le lac, ici, est sacré. On ne peut s'en approcher avec des chaussures, et dans toute la ville on ne peut manger ni viande ni oeufs. Et beaucoup de gens viennent se baigner dans l'eau du lac, purificatrice, ce qui est drôlement pratique (notamment pour tous les arnaqueurs de Pushkar qui doivent se purifier chaque soir pour recommencer le lendemain leurs vilaines affaires !).
Il y a aussi beaucoup de vaches qui errent dans la ville, en grands troupeaux stupides. Car les vaches ici sont sacrées, mais pas très futées. Habituées à ne rien faire, elles ne bougent surtout pas devant les voitures et se couchent au milieu de la rue. Dès qu'elles voient quelqu'un porter un sac plastique, elle le suivent, persuadées que c'est une offrande. Certaines vaches s'invitent même jusque dans les maisons pour réclamer leur dû ! Elles attendent bêtement qu'on leur offre des sucreries, et amènent plein de mouches dans la ville. A côté, nos charolaises paraissent de vrais prix Nobel (et sont bien plus belles) ! J'ai d'ailleurs une question pour vous, moi qui ne peux aller farfouiller dans les encyclopédies : pourquoi les hindouistes ont-ils choisi la vache comme animal sacré, et non pas un animal plus discret, propre, beau et intelligent ?
Ici, les gens viennent se marier pour profiter de la Sainteté du lieu et la musique résonne sans cesse. Il y a toutes les religions, dont les Jains, une religion qui préconise l'amour et le respect de tous les êtres vivants. Les plus religieux vivent nus, et portent un petit bout de tissu devant la bouche pour être sûrs de ne pas avaler d'insecte par mégarde, ainsi qu'un balai avec lequel ils éloignent les animaux du sol avant de marcher !
Sinon, je vous écris d'Udaipur,au sud. Ville splendide, qui semble flotter au-dessus d'un lac, lequel hélas est plutôt à sec en ce moment. Nous sommes hors-saison touristique (45degrés, forcément, ça chasse le touriste dans l'Himalaya!),et cela me permet de résider dans un ancien palace, majestueux, et d'être logée dans une immense chambre du 16ème siècle, garnie de peintures charmantes décrivant la vie de la cour du Maharaja ! Je m'endors donc devant des scènes de courtisanes, d'éléphants qui gambadent... Et dehors, le soleil se couche sur des paysages qui rappelleront peut-être aux amateurs de films d'action quelques belles scènes d'"Octopussy", l'antique James Bond !





2 / Crèpes au sirop d'érable (et au Nutella) !

Changement d'ambiance, mais...il faut que je vous annonce que j'ai obtenu une bourse post-doctorale à Montréal, donc achetez votre billet d'avion pour venir me visiter les durs mois d'hiver ! Yahou !!!



Publié à 02:39, le mardi 28 avril 2009, dans Rajasthan, India, Udaipur
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